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Journées Européennes de l'Archéologie 20

Les Journées Européennes de l'Archéologie

L’archéologie est une activité de plein air !

Malgré une météo incertaine, le site de fouilles de la villa gallo-romaine du Vernai à Saint Romain de Jalionas a attiré un public nombreux, curieux et intéressé sur les deux journées du samedi 19 et dimanche 20 Juin 2021.
Chaque visiteur y a trouvé son compte.
Les archéologues passionnés et passionnants ont transporté leur public sur les sites et dans le temps.
Des visites complètes pour les mordus d’archéologie ou des visites thématiques ont fait revivre les thermes, l’hypocauste, le moulin, la piscine, le jardin antique, les bâtiments agricoles, la maison du très riche patricien, …
Les petits groupes de visiteurs ainsi constitués ont permis des rencontres conviviales avec les archéologues et les bénévoles de l’Association d’Histoire et d’Archéologie sur les pratiques antiques.
Les ateliers d’application ont eu un franc succès auprès des plus jeunes, ravis de s’initier aux jeux romains ou à  la poterie, de créer une céramique ou de fabriquer une vraie fibule que les enfants ont pu emporter fièrement. Tous comme ceux et celles qui ont réussi les épreuves du jeu de piste sur site, sont repartis avec leur médaille ou leur diplôme.
Notre archéologue accompagnée des naturalistes de Lo Parvi, a révélé les secrets des aménagements antiques du marais liés à l’exploitation de la villa gallo-romaine.

Un bel orage a ponctué la fin de ces journées.

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Les Rendez-Vous des Jardins

Belle journée à la villa du Vernai sur le site archéologique de Saint Romain de Jalionas où nous avions un premier rendez-nous au jardin antique.
L’Association pour l’Histoire et l’Archeologie accueillait ses visiteurs dans une ambiance conviviale malgré le respect des consignes sanitaires.
Après la visite commentée du site de fouilles par une archéologue qui rappelait le contexte historique de la villa gallo-romaine, la promenade nous conduisait au jardin antique expérimental.
De nombreux visiteurs, le dimanche après-midi ont découvert dans la bonne humeur, les plantes anciennes du jardin, la haie gauloise, la haie romaine. Les bénévoles de l’association ont commenté les modes de plantation et les utilisations des plantes, céréales, légumineuses, aromatiques à l’époque gallo-romaine et quelques exemples de poterie culinaire trouvée sur le site. Les enfants découvrent que les romains ne mangeaient pas de pommes de terre ni de tomates. Ils sont repartis ravis avec des recettes gallo-romaines et des petits sachets de graines.
Le contexte naturel environnemental qui permet de mieux comprendre la région était présenté par l’association Lo Parvi.
Le puits en cours de construction a intrigué bien des visiteurs. C’est en effet une expérience archéologique qui n’a jamais été faite à ce jour. Un archéologue spécialisé dans les fouilles de puits romain a conduit et a réalisé cet ouvrage selon les principes de construction antique. Après un premier sentiment de surprise devant l’originalité de cette démarche et la réalité concrète de ce puits, les visiteurs se sont intéressés à l’évolution de cette construction en suivant la petite expo de photos support aux explications des bénévoles de l’association.
Le projet le plantation d’une vigne antique à été présenté en évoquant le travail particulier de la vigne par les viticulteurs gallo-romains.
Chacun a bien compris que le jardin expérimental du site du Vernai représente un important travail collectif et est en constante évolution.
Félicitations à tous les acteurs.
Vivement le prochain rendez-vous au jardin !

Texte : les bénévoles de l'association

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« Quand je serai grande, je serai archéologue »

Témoignage d’une Candide sur un chantier de fouille

 

Épisode 1 : Prologue

« Quand je serai grande, je serai archéologue ! »

Depuis, l’eau a coulé sous les ponts ; à peu près 40 ans.

Je ne suis pas archéologue, n’ayant même pas suivi un cursus d’études qui aurait pu, peu ou prou, me rapprocher de cette profession.

Pourtant, j’y suis :demain, je participe à un chantier de fouilles, un vrai, estampillé, labellisé. Je l’ai rêvé, imaginé, fantasmé, espéré.

Et là, j’oscille entre l’excitation de la petite fille, la veille de Noël, et la terreur de l’adulte raisonnable, que je suis presque devenue, et qui se rend compte, soudain, que parfois, un rêve d’enfant devrait rester ce qu’il a toujours été, un rêve d’enfant ! Lui donner corps n’est que pure folie.

Au cours de cette période tumultueuse qu’est l’enfance, j’ai aussi voulu être danseuse, artiste de cirque, dompteur d’éléphant, championne d’escalade, dessinatrice, décoratrice de théâtre, marin, vétérinaire et vendeuse de pizzas. Heureusement qu’une vie humaine est trop courte pour assouvir tous ces rêves d’enfant !

Fouiller une villa romaine ! Mais qu’est-ce que je vais faire dans cette galère ?

L’ensemble de mes connaissances de cette période historique se résume à mes lectures assidues des 24 premiers album d’Astérix et Obélix (les suivants n’ont plus, pour moi, la même qualité!)

En savoir plus académique, je peux éventuellement me targuer d’avoir lu quelques passages de La Guerre des gaules de César, même si lesdits passages ressemblaient plus à des cadavres exquis, après mes tentatives laborieuses de traduction, qu’à un texte vraiment cohérent. J’en demande d’ailleurs encore humblement pardon à mes enseignants : n’est pas latiniste qui veut !

Bon, soyons rationnelle. Ce n’est pas grave. Après tout, on ne va pas me demander de construire un exposé en trois parties sur l’histoire de la romanisation de la Gaule. Je vais juste gratter la terre.

Nouveau sursaut de sueurs froides. Je n’ai aucune connaissance en géologie ! De la terre, c’est de la terre. Je sais bien qu’il en existe diverses variétés, qu’elle peut être de différents coloris et j’imagine qu’il y a sûrement un lien entre les deux. Mais lequel ?

 

« Nous accueillons toutes les bonnes volontés sur le chantier ! » Ces paroles, prononcées par Elvyre et Robert, les responsables du chantier, se veulent rassurantes et bienveillantes. C’est très gentil de les prononcer. Mais, j’ai mis pendant longtemps beaucoup d’ardeur, de courage et de persévérance pour progresser en mathématiques. Force est de constater que ce fut un échec cuisant, n’ayant jamais pu dépasser le 8/20.

Je suis donc bien placée pour savoir que la bonne volonté, hélas, ne suffit pas toujours.

 

Et puis je me dis, qu’après tout, on n’a pas tous les jours l’occasion de toucher du doigt un rêve d’enfant, que toute expérience est bonne à prendre et que dans le pire des cas, si cela tourne au fiasco, dans 10 ans, cela me fera rire !

Vivement demain…

 

Épisode 2 : C’est quoi l’archéologie ?

 

Pour mon premier jour, j’ai fait consciencieusement mon sac, comme une élève de 6ème appliquée qui va entrer pour la première fois au collège : chapeau, crème solaire, lunettes de soleil, chaussures fermées, pantalon, gourde, papier et crayon et surtout, toute ma bonne volonté. Je suis prête ! Un peu inquiète, mais prête à découvrir.

Robert, le chef de chantier nous accueille, souriant :

« Avant d’aller sur le chantier, petit cours théorique sur ce que sont les fouilles archéologiques : objectifs scientifiques, techniques de base et philosophie de recherches. Ce qui est important, c’est que vous saisissiez bien la finalité des fouilles »

M’asseoir, écouter, prendre un air inspiré et retenir quelques éléments d’un exposé, s’il n’est pas trop scientifiquement poussé, c’est dans mes cordes. Je peux encore faire illusion quelques temps. Et je ne suis pas seule à suivre le cours de rattrapage, cela me rassure un peu.

En deux heures, tous mes préjugés sur l’archéologie volent en éclat !

Adieu Indiana Jones ! Adieu Meurtre en Mésopotamie d’Agatha Christie ! Adieu Tintin et les cigares du pharaon ! Ma bibliographie sur le sujet n’est plus qu’un champ dévasté.

Fouiller, c’est détruire : l’archéologue élimine avec application toutes les couches de terre qu’il fouille. Tout doit disparaître ! Pire que les soldes d’été !

Fouiller, c’est noter, décrire, dessiner, relever, mesurer couche après couche, avant destruction. L’archéologue a donc plus souvent un crayon dans la main que la truelle. Tiens, il n’a pas de pinceau ?

Et toutes ces données visent un seul but : constituer la coupe stratigraphiques du site. A force de concentration, je finis par comprendre que c’est le dessin de toutes les couches de terres accumulées au fil des siècles. Elle permet ensuite, à l’œil expert, de repérer les différentes perturbations liées à l’activité humaine et de comprendre l’évolution de l’occupation du lieu.

Toutes nos actions doivent tendre vers cet objectif ultime, le saint Graal de l’archéologue : la coupe stratigraphique.

Et les objets alors ? Les beaux vases ? Les amphores ? Les bijoux ? Les fresques ? Les mosaïques ? «  Le matériel est utile pour dater les couches. » Tout ce que je prenais jusqu’à présent pour des trésors, n’est que du matériel, instrument comme un autre, au service de la sacro-sainte coupe stratigraphique.

J’accepte, sans broncher, ces nouvelles données. Je suis venue pour apprendre et découvrir la vérité sur cette pratique, qu’importe les deuils à effectuer pour y parvenir. Je me dis quand même que l’arnaque du père Noël est moins douloureuse que les mensonges cinématographiques d’Indiana Jones ! Je sortirai discrètement le fouet caché au fond de mon sac que j’irai brûler dans un coin et me dévouerai, corps et âme à ma nouvelle mission, la coupe stratigraphique.

Je crains d’avoir un peu lâché prise et j’ai perdu le fil de l’exposé. Je raccroche à la conclusion: l’archéologue doit être polyvalent, un peu photographe (au secours, je n’ai jamais su cadrer une photo ! Va savoir pourquoi, sur les photos de famille, ma belle-mère est toujours hors-champ), topographe (je ne sais même pas ce que c’est), terrassier (pelle et pioche n’ont pas à s’inquiéter. Taillée comme je suis, je ne suis même pas sûre d’être capable de les soulever). Il doit aussi être méticuleux, organisé, précis (j’éviterai donc de narrer mes exploits catastrophiques en cours d’Éducation Manuelle et Technique, au collège, sans quoi, je vais me faire virer sur le champ).

Le bon fouilleur est celui qui se questionne continuellement sur ce qu’il fouille, cherchant inlassablement les actes humains qui se cachent derrière chaque couche, chaque perturbation.

Je sors de cette conférence un tantinet perturbée. Si j’ai bien compris tout ce que l’archéologie moderne n’est pas (je me demande d’ailleurs s’il est possible de porter plainte contre les réalisateurs de cinéma pour escroquerie), je crains de ne pas avoir vraiment saisi de manière concrète ce que je vais devoir faire sur le chantier et surtout, comment le faire.

Mais je me promets d’y mettre toute ma bonne volonté !

Épisode 3 : « Qu’est-ce tu fouilles ? »

 

Après la théorie, la pratique.

Robert nous répartit sur différentes équipes déjà en action. La mienne m’accueille avec sourire et m’offre généreusement une truelle. Je ne sais comment réagir face à cette offrande. Oserai-je leur avouer que je ne sais même pas comment la tenir ?

Je traîne un peu à m’installer, juste le temps nécessaire pour observer rapidement l’usage de cet ustensile.

La truelle archéologique ressemble beaucoup à sa cousine la truelle de maçon. Mais si cette dernière sert souvent à projeter l’enduit et à le talocher, la truelle archéologique sert à racler. L’une offre son dos, l’autre, son flanc.

Je m’arme donc de mon outil, le bascule sur le côté et commence à racler le sol, avec minutie, précision et bonne volonté. J’ai compris que le but est de descendre jusqu’à la couche inférieure. Mais comment sait-on que l’on est arrivé ?

Je me risque à poser la question. «  Tu t’arrêtes quand tu arrives à la terre jaune. Là, on est sur une couche de remblai, de couleur noire. »

Je pourrais baiser les pieds de ma sauveuse qui vient de me donner une direction, un but, un début de sens à mon action ! Bien que je ne définirai pas la terre que je vois de couleur noire. Elle me semble plutôt marron clair, mais je ne vais pas ergoter.

Je racle donc, jusqu’à la couleur jaune. Je n’ai plus qu’un seul objectif, atteindre la couche de jaune. Le jaune, c’est un concept que je maîtrise depuis l’école maternelle : jaune banane, jaune canari, jaune impérial, jaune safran, jaune vénitien, jaune poussin, jaune soufre, jaune or, jaune maïs, jaune paille…

Je balaye le côté de ma truelle sur le sol, emplis mon seau de la terre noire, totalement absorbée à ma tâche. Je jette régulièrement un regard sur mes comparses de grattage, histoire de m’assurer que rien ne les inquiètent dans mes gestes et que je ne commets pas de bévue. J’enlève une couche de terre noire pour arriver à une couche jaune. C’est simple, finalement. Inlassablement, je répète le même geste et un doute m’assaille : à quoi ça sert, quel est le sens de ce que je fais ? Je ne comprends rien de ce que je vois, d’ailleurs, je ne vois rien que de la terre à racler, à mettre dans un seau. Je ne repère aucun matériel, alors que régulièrement, mes compagnes cessent le grattage pour relever un morceau de céramique ou de tesselle de mosaïque, qu’elles glissent ensuite dans un sachet en plastique.

Je saisis alors qu’il ne s’agit pas juste de décaper la couche en place, il faut aussi être à l’affût. Mais à l’affût de quoi ? Je n’ai aucune idée de ce que je peux trouver. Mon œil n’est pas exercé à repérer une tesselle de mosaïque. Une mosaïque entière, c’est sûre, je ne la raterai pas. J’en ai vu plein. Mais un seul petit morceau isolé ?

Je réalise surtout que j’ai sûrement évacué des tas de chose intéressantes et qui sont, par ma faute, perdues à tout jamais.

En plein désarrois, j’entends Robert me demander : « Qu’est-ce que tu fouilles ? »

Je me tourne, totalement désemparée. Qu’est-ce que je fous ? Il en a de bonnes ! Je saccage son chantier ! Qu’est-ce que je fous ? J’élimine, sans le savoir, avec toute ma bonne volonté, des pièces inestimables. Qu’est-ce que je fous ? Je mets de la terre noire dans un seau, évacuant ainsi le matériel utile à la datation de la couche, avec la plus grande candeur !

Toujours souriant, sans réponse de ma part, il réitère sa question, lentement : « Là, qu’est-ce que tu fouilles ? »

Je balbutie péniblement une réponse, que je trouve horriblement confuse. J’ai la désagréable impression d’avoir à nouveau 12 ans, collée au tableau, devant une classe hilare, face à mon prof de math qui s’impatiente et choit dans un désespoir abyssal à chacune de mes paroles.

« - J’enlève la couche de terre noire pour atteindre la couche suivante qui doit être jaune ?

- Et bien tu devrais t’arrêter parce que tu l’as atteinte et tu es déjà en train de l’éliminer. »

La truelle me brûle les mains.

Je viens de commettre un deuxième crime de lèse-majesté. Après avoir fait disparaître du matériel de la strate supérieure, j’ai supprimé la couche suivante, avant d’avoir effectué tous les relevés nécessaires pour la garder en mémoire.

Je me tourne vers le sol et observe la terre.

« Mais, elle n’est pas jaune ! Elle est toujours marron ! »

 

Je dois me rendre à l’évidence. Tout le monde autour de moi la trouvant très jaune cette terre, je ne vois qu’une explication : mes cellules réceptrices situées dans mes rétines ne sont pas compatibles avec la fouille. Je souffre de daltonisme archéologique.

 

Épisode 4 : La fée du logis

 

Une belle couche de terre, officiellement jaune, se pâme à mes pieds.

« Il faut maintenant la nettoyer. Quand elle sera bien propre, on pourra prendre la photo. »

Bien sûr, je fais ça tous les jours. Je nettoie régulièrement la terre de mon jardin, à coup d’eau de javel même !

J’observe mes compagnes de travaux : elles prennent une balayette. Accroupies, elles caressent délicatement la surface et éliminent ainsi les surplus de terre et de gravier, pour qu’il ne reste que les éléments appartenant à la couche jaune.

Je me lance et empoigne fermement une balayette. Attention poussières superflues, j’arrive, et avec toute ma bonne volonté en plus. Vous n’avez aucune chance de survie !

Je me penche au-dessus de ma partie de décapage, je pose délicatement ma balayette, dans un geste que je veux doux et délicat. J’entame un mouvement de balançoire de la gauche vers la droite et envoie valdinguer une bonne partie de la couche sur la surface de ma voisine !

« Eh ! Ton geste est trop brusque ! Tu dois caresser, effleurer la surface, sans quoi, tu vas tout détruire et ensevelir les parties décapées par tes collègues ! On va finir. Vas plutôt préparer l’ardoise pour la photo. »

Un bras tendu dans une direction, à l’exact opposé du l’endroit où l’on se trouve, m’indique le lieu où je vais trouver la fameuse ardoise.

 

Épisode 5 : L’ardoise

 

Ici, mon ignorance ne devrait pas avoir trop de conséquences néfastes pour la recherche. Je vais donc m’occuper de l’ardoise. Arrivée devant les caisses, je me sens un peu comme un chien dans un jeu de quilles : un tas de plaques striées, en caoutchouc, des boites de lettres en plastique blanc, des flèches rouges, des mini règles graduées en métal. Que dois-je faire ?

J’imagine aisément qu’il faut glisser les lettres sur une plaque pour constituer un texte informatif. Mais quel doit être son contenu ?

Heureusement pour moi, un fouilleur me rejoint. A-t-il, lui aussi, été banni pour balayage trop appuyé ? Je garde cette interrogation pour moi et lui demande simplement ce qu’il faut mettre sur l’ardoise. Je précise que je suis nouvelle et que je n’ai jamais fait ça. Après un regard que je n’ai pas réussi à interpréter, compatissant ou blasé, il me répond, assez laconique :

« - Il faut indiquer le lieu du chantier, la date, le secteur de fouille et le numéro de la couche. Une information par ligne, tout écrit dans la même police. »

- Et je les trouve où, ces informations ?

- Demande à ton équipe. »

Fin de la discussion.

A suivre...

Texte: Juliette Bourgin

Matériaux lithiques de construction et de décoration

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Le principal matériau de construction est le « calcaire à entroques. » Ce calcaire est extrait sur le plateau de l’Ile Crémieu et a été utilisé jusqu’au développement du ciment et du béton au XIXe siècle. Se présentant souvent par minces plaques d’une dizaine de centimètres d’épaisseur, il a été employé également pour les toitures sous forme de dalles appelées localement lauzes. Les entroques sont des éléments fossilisés de squelettes d’animaux marins, les crinoïdes, animaux vivant toujours actuellement. Ce sont les petites étoiles que l’on voit sur la photographie.

D’autres calcaires (choin de Fay, choin de Villebois, tuf) et de la molasse, un grès friable à grain fin, ont été utilisés en raison de leurs propriétés. Le choin de Fay, par exemple, permettait la taille de grands blocs pour la construction de monuments importants comme un temple, des thermes ou mausolée…

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Les blocs de pierre, bruts ou taillés, étaient liés de différentes façons : à la terre, à l’argile, au mortier de chaux ou de tuileau. L’architecture romaine recourait essentiellement au mortier de chaux.

Le mortier de tuileau est un mortier de chaux auquel on ajoute des tuileaux, (fragments de tuiles et de briques pilés). Cette adjonction provoque une réaction chimique qui donne trois qualités à ce mortier :

- durcissement

- imperméabilité

- prise sous l’eau.

Ce mortier de tuileau est donc mis en oeuvre dans tous les aménagements où l’eau est présente, comme les fonds de bassins dans les thermes ou les fontaines.

Les derniers éléments destinés à la construction sont ceux fabriqués en terre cuite, essentiellement les pièces de la toiture, tegulae (grandes tuiles plates à rebords) et imbrices (actuelle tuile-canal), et les briques.

 

La terre cuite est aussi utilisée dans les thermes pour le système de chauffage par le sol et le mur appelé hypocauste.

Les marbres, colorés ou blancs, sont employés dans la décoration de la villa et sont un signe ostentatoire de la richesse du propriétaire. Ils sont importés depuis tout le bassin méditerranéen (Italie, Grèce, Turquie, Egypte, Afrique du Nord), ou viennent de Gaule même (Pyrénées, voir la photo, Bugey, Bourgogne).

 

Les principales utilisations des marbres colorés sont les pavements de sol ou de mur, uniformes ou par juxtaposition de plaques (opus sectile). Ils sont plus rarement utilisés pour la fabrication de tesselles de mosaïque.

Les marbres blancs ont ces mêmes utilisations, mais sont le plus souvent destinés à la statuaire car ils possèdent une structure homogène à grain fin qui se prête facilement au ciseau du sculpteur. Leur nature chimique – du carbonate de calcium pratiquement pur – a fait le malheur de nombre de statues, passées dans les fours à chaux.

Les mosaïques sont un autre signe ostentatoire de richesse. Les petites pièces qui les composent, les tesselles, sont taillées dans toutes sortes de matériaux : calcaires, marbres, terre cuite, pâte de verre, afin d’obtenir une gamme de couleurs variée.

Un dernier élément de décoration est l’enduit peint. Après l’application d’un mortier sur le mur, recouvert d’une mince couche de chaux, la peinture était appliquée avant séchage. Les pigments étaient généralement d’origine minérale ; le noir était fabriqué avec des produits organiques.

 

Enfin, la pierre peut être employée pour la fabrication d’objets domestiques comme les mortiers à pilon, les meules en basalte importées du Massif Central (voir la photo), ou agricoles comme les pierres à aiguiser…

Denis Rival

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